# Comment gérer Wise dans sa déclaration d’impôts ?

L’utilisation croissante des solutions de paiement internationales comme Wise transforme la manière dont les particuliers et professionnels gèrent leurs finances transfrontalières. Cette démocratisation des services financiers numériques s’accompagne toutefois d’obligations fiscales spécifiques que de nombreux utilisateurs méconnaissent encore. En tant que résident fiscal français, détenir un compte auprès d’un établissement de paiement étranger implique des devoirs déclaratifs précis envers l’administration fiscale. La complexité apparente de ces démarches décourage parfois les contribuables, créant un risque de non-conformité involontaire. Pourtant, comprendre le statut fiscal de Wise et maîtriser les procédures déclaratives appropriées permet de profiter pleinement des avantages de cette solution tout en respectant scrupuleusement la réglementation française.

Comprendre le statut fiscal de wise et ses implications déclaratives

La première étape pour gérer correctement vos obligations fiscales liées à Wise consiste à comprendre précisément la nature juridique de cet établissement. Contrairement aux idées reçues, Wise n’est pas une banque traditionnelle au sens strict du terme, mais un établissement de paiement agréé par la Banque Nationale de Belgique. Cette distinction peut sembler technique, mais elle influence directement vos obligations déclaratives en France. L’administration fiscale française considère les comptes détenus auprès d’établissements de paiement étrangers avec la même rigueur que les comptes bancaires classiques ouverts hors de l’Hexagone.

La distinction entre compte de paiement wise et compte bancaire traditionnel

Wise opère comme une entreprise d’investissement et solution de paiement, ce qui la différencie fondamentalement d’une banque de dépôt. Les fonds que vous déposez sur votre compte Wise ne bénéficient pas de la garantie des dépôts bancaires équivalente à celle offerte par le système français. Cette particularité juridique n’exonère toutefois pas les utilisateurs de leurs obligations déclaratives. Le compte Wise permet d’obtenir des coordonnées bancaires locales dans plus de 50 devises, chacune associée à un numéro de compte spécifique. Pour l’administration fiscale française, l’ensemble de ces balances constitue un seul et même compte à l’étranger qu’il convient de déclarer annuellement. Cette interprétation évite aux contribuables la complexité de devoir déclarer séparément chaque devise détenue.

Le régime fiscal applicable aux comptes multi-devises détenus à l’étranger

Les comptes multi-devises comme celui proposé par Wise présentent des caractéristiques fiscales particulières. Chaque balance en devise étrangère peut générer des revenus imposables sous différentes formes : intérêts créditeurs, gains de change, ou encore remises commerciales sur les conversions. L’administration fiscale française applique le principe de territorialité mondiale des revenus pour ses résidents fiscaux. Cela signifie que tous les revenus perçus via votre compte Wise, quelle que soit la devise concernée, doivent être déclarés dans votre déclaration annuelle de revenus. La conversion des montants en euros doit s’effectuer selon le taux de change officiel de la Banque Centrale Européenne applicable à la date de perception du revenu.

L’obligation déclarative des comptes ouverts auprès d’établissements de monnaie électronique

Depuis 2019, la législation française a considérablement renforcé les obligations déclaratives concernant les comptes détenus à l’étranger, incluant explicitement les établissements de monnaie électronique

et les établissements de paiement. Concrètement, un compte Wise détenu par un résident fiscal français entre dans le champ de l’obligation de déclaration des comptes à l’étranger, au même titre qu’un compte bancaire classique ouvert hors de France. Cette obligation vise non seulement les titulaires, mais aussi les personnes disposant d’une procuration ou d’un pouvoir de signature sur le compte. Même si vous n’utilisez votre compte Wise que de manière occasionnelle, le simple fait qu’il soit ouvert et rattaché à un établissement étranger suffit, en principe, à déclencher cette obligation déclarative.

La doctrine administrative assimile les comptes Wise aux comptes de paiement multi-devises et considère que la détention d’IBAN étrangers (par exemple un IBAN commençant par BE, GB ou US pour des coordonnées locales) relève du régime des comptes détenus à l’étranger. Certaines exceptions existent cependant, notamment lorsque le compte est uniquement adossé à un compte français, utilisé pour des paiements en ligne et ne dépasse pas un certain seuil annuel d’encaissements. Dans ce cas très encadré, l’administration admet que le compte puisse ne pas être déclaré, à condition de respecter strictement les critères cumulatifs précisés dans sa documentation officielle.

Les seuils déclenchant la déclaration obligatoire selon l’administration fiscale française

La règle de base est simple : tout compte ouvert, détenu, utilisé ou clôturé à l’étranger doit être déclaré, sans seuil de montant. En d’autres termes, il n’existe pas de franchise générale en dessous de laquelle vous seriez automatiquement dispensé de déclarer votre compte Wise. Toutefois, une tolérance administrative vise certains comptes de paiement assimilés à des “comptes PayPal”, utilisés uniquement pour des achats en ligne et des encaissements modestes. Dans ce cadre, la doctrine retient un seuil de 10 000 € d’encaissements annuels, à condition que le compte soit adossé à un compte bancaire ouvert en France et qu’il ne serve pas à conserver durablement des fonds.

Dès lors que l’une de ces conditions n’est plus remplie (par exemple, dépassement du seuil de 10 000 €, conservation de liquidités importantes ou usage professionnel régulier), l’obligation de déclaration du compte Wise redevient la règle. Il est donc essentiel de suivre, au fil de l’année, le volume de flux qui transitent par Wise et l’usage réel que vous en faites. Vous utilisez Wise pour percevoir des revenus récurrents (salaires, honoraires, loyers) ou pour gérer un compte multi-devises avec des soldes significatifs ? Dans ce cas, il est fortement recommandé de considérer que la déclaration via le formulaire 3916 s’impose, même si vos encaissements restent proches du seuil indicatif.

Déclarer son compte wise via le formulaire 3916

La procédure de déclaration sur l’espace particulier impots.gouv.fr

La déclaration d’un compte Wise à l’étranger se fait dans le cadre de votre déclaration annuelle de revenus, via votre espace particulier sur impots.gouv.fr. Une fois connecté, vous devez démarrer ou reprendre votre déclaration et avancer jusqu’à l’étape intitulée “Revenus et charges” ou “Votre situation” selon les millésimes du formulaire. Dans la liste des rubriques complémentaires proposées, cochez la case “Comptes à l’étranger, contrats de capitalisation, comptes d’actifs numériques” (case 8UU ou équivalent). Cette action déclenche l’ajout automatique de l’annexe n°3916-3916 bis à votre dossier en ligne.

Vous serez ensuite invité à préciser le nombre de comptes détenus à l’étranger. Indiquez “1” si vous disposez d’un seul compte Wise, même si celui-ci comporte plusieurs devises et plusieurs numéros de compte locaux. L’interface vous proposera alors de compléter un formulaire par compte. Pour chaque compte Wise détenu durant l’année (qu’il ait été actif, inactif ou clôturé), vous devrez remplir une annexe 3916 distincte. L’administration fiscale recommande d’être aussi précis que possible, afin d’éviter les demandes de compléments d’information ou les risques de pénalités en cas d’omission.

Les informations requises : BIC, adresse du siège social et numéro de compte wise

Le formulaire 3916 exige un certain nombre de données relatives à votre compte Wise et à l’établissement gestionnaire. Vous devez notamment indiquer la dénomination de l’organisme (“Wise Europe SA” pour les comptes ouverts sous entité européenne), ainsi que son adresse complète (par exemple : rue du Trône 100, boîte 3, 1050 Bruxelles, Belgique). Le BIC (ou SWIFT) de Wise devra également être renseigné pour le compte principal, de même que le pays de domiciliation du compte. En cas de doute, ces informations figurent dans vos conditions générales ou dans votre espace client Wise.

Concernant le numéro de compte Wise, l’administration admet généralement que l’on utilise l’IBAN principal permettant de recevoir les paiements dans la devise de référence (souvent l’IBAN en EUR commençant par BE). Les autres coordonnées locales (compte GBP, numéro de routage américain, etc.) sont considérées comme des caractéristiques d’un même compte multi-devises. Vous pouvez toutefois mentionner, dans la rubrique “Observations” du formulaire, que le compte comporte plusieurs sous-comptes en devises si vous souhaitez apporter une transparence maximale. Enfin, pensez à préciser la date d’ouverture (souvent rappelée dans vos premiers e-mails de bienvenue Wise) et, le cas échéant, la date de clôture si vous avez fermé le compte en cours d’année.

Le traitement spécifique des comptes inactifs ou clôturés en cours d’année fiscale

Un point souvent mal compris concerne les comptes Wise inactifs ou clôturés. Même si vous n’avez effectué aucune opération durant l’année, un compte ouvert au 1er janvier ou utilisé au moins une fois doit, en principe, être mentionné dans votre déclaration. L’inactivité ne dispense donc pas de l’obligation de déclaration du compte à l’étranger. Pour un compte clôturé, la règle est similaire : s’il a été ouvert, détenu ou utilisé au cours de l’année fiscale, il doit apparaître sur le formulaire 3916, avec indication de la date de fermeture.

Pourquoi cette rigueur ? L’administration fiscale cherche à disposer d’une vision exhaustive des comptes détenus à l’étranger, même pour une courte période, afin de pouvoir recouper ces informations avec d’éventuels flux déclarés par les établissements financiers dans le cadre des échanges automatiques d’informations. Dans le formulaire 3916, vous indiquerez alors la date d’ouverture et la date de clôture, en cochant la case appropriée pour signaler que le compte n’est plus actif. Cette transparence est souvent la meilleure protection en cas de contrôle ultérieur, car elle démontre votre volonté de respecter vos obligations dès l’origine.

Les sanctions encourues en cas d’omission du formulaire 3916

L’omission de déclaration d’un compte Wise à l’étranger n’est pas anodine. Le Code général des impôts prévoit une amende forfaitaire de 1 500 € par compte et par année non prescrite en cas de non-déclaration. Si le compte est situé dans un État ou territoire non coopératif, cette amende peut grimper à 10 000 € par compte et par année. En cas de simple inexactitude ou d’oubli partiel dans les informations transmises, une pénalité de 15 € par omission peut s’appliquer, avec un plancher de 60 € et un plafond de 10 000 € pour l’ensemble des documents déposés simultanément.

En parallèle de ces amendes spécifiques, une majoration de 80 % sur les droits éludés peut être appliquée lorsque l’administration constate une volonté manifeste de dissimulation, notamment si le compte Wise a servi à loger des revenus non déclarés. On le voit, la logique est comparable à celle d’un excès de vitesse important sur autoroute : vous pouvez rouler vite pendant un certain temps sans être contrôlé, mais le jour où vous l’êtes, les conséquences financières peuvent être très lourdes. Mieux vaut donc anticiper en déclarant spontanément votre compte Wise via le 3916, plutôt que de répondre à une mise en demeure ultérieure.

Reporter les revenus générés sur wise dans la déclaration 2042

La déclaration des intérêts perçus sur les soldes multi-devises

Au-delà de la simple déclaration d’existence du compte Wise, vous devez également déclarer les revenus qu’il génère dans votre formulaire 2042. Certains produits Wise peuvent en effet produire des intérêts ou des rendements, par exemple via des fonctionnalités de type “Actifs” permettant de placer vos soldes en fonds monétaires ou assimilés. Ces intérêts, même modestes, constituent des revenus de capitaux mobiliers imposables en France. Ils doivent être reportés dans la rubrique dédiée aux intérêts et produits de placement à revenu fixe de la déclaration 2042 (cases 2TR, 2BH, etc., selon le régime choisi).

Pour calculer le montant à déclarer, vous devrez totaliser l’ensemble des intérêts crédités sur vos soldes Wise au cours de l’année, puis les convertir en euros au taux de change de la Banque Centrale Européenne à la date de perception. Si Wise vous fournit un relevé annuel indiquant le montant des intérêts versés par devise, ce document constituera une base de travail précieuse. À défaut, il vous appartiendra d’extraire l’information à partir de vos relevés de compte, ce qui peut nécessiter un travail de reconstitution plus minutieux. Dans tous les cas, conservez ces justificatifs pendant au moins six ans, afin de pouvoir répondre à toute demande de l’administration.

Le traitement fiscal des plus-values de change et leur intégration au revenu imposable

Les comptes multi-devises Wise peuvent également générer des plus-values de change lorsque vous convertissez des devises entre elles ou lorsque la valeur d’une devise s’apprécie par rapport à l’euro entre le moment du dépôt et celui du retrait. D’un point de vue fiscal, ces gains de change réalisés à titre occasionnel par un particulier sont, en principe, imposables lorsqu’ils revêtent un caractère spéculatif ou lorsqu’ils s’apparentent à une gestion active de trésorerie. La frontière est parfois délicate à tracer, ce qui explique pourquoi de nombreux contribuables passent ces gains sous silence sans toujours en mesurer les risques.

En pratique, l’administration fiscale se concentre surtout sur les gains significatifs et récurrents, par exemple lorsqu’un particulier utilise Wise pour acheter régulièrement des devises en anticipant leurs fluctuations, ou lorsqu’un professionnel centralise une part substantielle de son activité en devises étrangères. Dans ces situations, les plus-values de change peuvent être assimilées à des revenus de capitaux mobiliers ou à des bénéfices (BIC/BNC) selon le profil du contribuable. Elles doivent alors être intégrées au revenu imposable, en appliquant les règles de conversion en euros à la date de réalisation du gain. Vous vous interrogez sur la qualification exacte de vos gains de change ? Un échange avec un expert-comptable ou un fiscaliste pourra vous aider à sécuriser votre position.

L’application du prélèvement forfaitaire unique (PFU) à 30% sur les gains financiers

Depuis l’instauration du prélèvement forfaitaire unique (PFU), la plupart des revenus de capitaux mobiliers sont soumis à un taux global de 30 %, comprenant 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Les intérêts générés par vos soldes Wise et, le cas échéant, certains gains financiers liés à des placements de trésorerie via Wise, relèvent en principe de ce régime, sauf option expresse pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Lors du remplissage de votre déclaration 2042, vous aurez la possibilité de cocher une case pour opter pour l’imposition au barème si cela s’avère plus avantageux compte tenu de votre tranche marginale.

Dans les faits, Wise n’est généralement pas tenu d’opérer une retenue à la source française sur les intérêts versés à ses clients résidents en France. Vous percevez donc des montants “bruts”, qu’il vous appartient ensuite de déclarer spontanément. L’avantage du PFU est sa lisibilité : vous connaissez immédiatement le taux global appliqué à ces revenus, ce qui facilite les simulations et la planification fiscale. Comme pour un compte-titres ordinaire, veillez à distinguer clairement les revenus d’intérêts de vos éventuelles plus-values de cession de titres détenus via des produits Wise, si vous utilisez des fonctionnalités d’investissement proposées par la plateforme.

Gérer les transactions professionnelles wise pour les micro-entrepreneurs et indépendants

L’intégration des paiements wise business dans le chiffre d’affaires déclaré

Pour les micro-entrepreneurs, freelances et indépendants, Wise Business est devenu un outil courant pour facturer des clients étrangers et recevoir des paiements dans plusieurs devises. D’un point de vue fiscal, le lieu d’encaissement n’a aucune incidence sur l’obligation de déclarer le chiffre d’affaires : que vos clients vous paient sur un compte français classique ou sur un compte Wise Business, vous devez intégrer l’intégralité des sommes encaissées dans votre base imposable. Pour les micro-entrepreneurs, cela signifie additionner tous les encaissements perçus via Wise Business et les convertir en euros afin de les reporter dans la déclaration de chiffre d’affaires (mensuelle ou trimestrielle) et dans la 2042-C PRO annuelle.

Une bonne pratique consiste à exporter régulièrement vos relevés Wise Business et à les rapprocher de votre facturation (numéro de facture, date, client, devise). Cette discipline vous évitera les oublis de recettes, mais aussi les doubles comptabilisations en cas de transferts ultérieurs de Wise vers votre compte bancaire français. En cas de contrôle, l’administration cherchera avant tout à vérifier que les montants déclarés en BIC/BNC ou micro-BNC correspondent bien aux flux réellement encaissés sur l’ensemble de vos comptes professionnels, y compris Wise, PayPal, Stripe ou d’autres prestataires de services de paiement.

La conversion des devises étrangères au taux de change BCE pour la comptabilité

Lorsque vous encaissez des paiements en devises via Wise Business, vous devez convertir ces montants en euros pour les intégrer à votre comptabilité et à vos déclarations fiscales. Les textes recommandent de recourir au taux de change de la Banque Centrale Européenne ou à un autre taux officiel reconnu, à la date de l’opération ou, à défaut, à une moyenne mensuelle documentée. L’objectif est d’éviter les approximations et de garantir une méthode de conversion cohérente et traçable dans le temps. Utiliser systématiquement les taux de change indiqués sur vos relevés Wise (si ceux-ci sont clairement identifiés) peut être une solution pratique, à condition de les archiver avec soin.

Pour les régimes réels (déclaration 2035 ou 2031), cette question de la conversion s’apparente à un “langage comptable” : vous traduisez la réalité économique de vos flux en une monnaie commune, l’euro, pour calculer correctement votre résultat imposable. Comme pour la traduction d’un texte d’une langue à une autre, l’essentiel est de rester fidèle à l’original, tout en respectant des règles de cohérence. En cas de contrôle, il sera plus simple de défendre une méthode de conversion systématique, fondée sur une source officielle (BCE), qu’un système empirique variant d’une facture à l’autre.

Le traitement des frais wise comme charges déductibles dans la déclaration 2035

Les professionnels soumis à un régime réel (BNC avec 2035, BIC avec 2031) peuvent déduire les frais Wise engagés dans le cadre de leur activité. Il s’agit notamment des frais de change, commissions sur virements internationaux, frais de réception de paiements ou de conversion de devises. Ces charges doivent être comptabilisées dans les comptes appropriés (frais bancaires, commissions, charges financières) et justifiées par les relevés ou factures émises par Wise. Pour un libéral au régime 2035, elles viendront réduire le résultat professionnel imposable, au même titre que les frais bancaires d’un compte pro classique.

Dans la pratique, il peut être utile de créer une catégorie spécifique dans votre logiciel de comptabilité ou votre tableur pour suivre les frais Wise séparément des autres frais bancaires. Vous disposerez ainsi d’une vision claire du coût global de votre gestion multi-devises et pourrez, le cas échéant, comparer ces frais avec ceux d’autres prestataires. En cas de contrôle fiscal, cette granularité facilite aussi la justification de chaque poste de charge : au lieu de présenter un agrégat global de “frais bancaires”, vous pouvez isoler la part imputable aux opérations Wise, avec les pièces justificatives correspondantes.

La réconciliation bancaire entre relevés wise et liasse fiscale

La réconciliation bancaire consiste à rapprocher, ligne par ligne, les mouvements figurant sur vos relevés Wise Business de ceux enregistrés en comptabilité. Cet exercice est crucial pour sécuriser votre liasse fiscale (2035, 2031, annexes) et limiter les risques d’écarts en cas de contrôle. Dans l’idéal, chaque encaissement figurant sur Wise doit correspondre à une facture émise, et chaque transfert de Wise vers votre compte bancaire français doit être identifié comme un simple mouvement de trésorerie interne, sans impact sur le chiffre d’affaires.

Une bonne organisation consiste à effectuer ce rapprochement au fil de l’eau (mensuellement, par exemple), plutôt que de tenter de reconstituer une année entière à la veille de la déclaration. Pensez aussi à exporter et archiver vos relevés Wise dans des formats pérennes (PDF, CSV) et à les classer par période fiscale. Si vous travaillez avec un expert-comptable, fournissez-lui systématiquement ces relevés : ils l’aideront à justifier les montants portés dans votre liasse fiscale et à répondre, le cas échéant, aux demandes d’information de l’administration. En somme, considérez vos extraits Wise comme le “journal de bord” de vos flux internationaux, indispensable pour raconter une histoire financière cohérente à l’administration.

Anticiper les contrôles fiscaux liés aux flux internationaux via wise

Le dispositif CRS et l’échange automatique d’informations fiscales avec l’UK

Les comptes Wise s’inscrivent dans un environnement international marqué par le Common Reporting Standard (CRS) et, pour certains produits, par le dispositif FATCA. Ces normes imposent aux institutions financières de collecter et de transmettre aux administrations fiscales des informations sur les comptes détenus par des non-résidents. Bien que Wise soit aujourd’hui principalement régulé au sein de l’Union européenne (via sa filiale belge), les principes d’échange automatique d’informations restent au cœur du dispositif de lutte contre l’évasion fiscale. En pratique, cela signifie que les autorités fiscales françaises peuvent recevoir des données relatives à des comptes Wise détenus par des résidents français.

Si vous avez utilisé Wise lorsque la société était encore étroitement liée au Royaume-Uni, ou si certains produits sont encore rattachés à des entités britanniques, des échanges d’informations peuvent également transiter via les accords conclus entre la France et le Royaume-Uni. Vous vous demandez si l’administration “voit” réellement votre compte Wise ? Sans être systématique, la tendance est clairement à une montée en puissance de la transparence internationale. Se mettre en conformité en déclarant spontanément son compte et ses revenus apparaît donc comme une stratégie bien plus sereine que d’espérer rester indétectable.

La traçabilité documentaire des virements internationaux pour justifier l’origine des fonds

Les flux internationaux transitant par Wise peuvent attirer l’attention de l’administration fiscale, notamment lorsqu’ils sont d’un montant significatif ou qu’ils concernent des zones géographiques sensibles. Pour anticiper toute demande de justification, il est essentiel de garantir une traçabilité documentaire complète de vos virements. Conservez les factures correspondantes pour les paiements professionnels, les contrats ou conventions pour les prêts intrafamiliaux, les attestations de dons, ainsi que tout document expliquant l’origine des fonds (cession de bien, héritage, distribution de dividendes, etc.).

Une bonne analogie consiste à voir chaque flux Wise comme un colis transitant par un hub logistique international : pour que le colis ne soit pas retenu en douane, il doit être accompagné de documents clairs sur son contenu et son expéditeur. De la même façon, un virement important reçu sur Wise sans justificatif pourra susciter des questions, alors qu’un flux documenté (facture, contrat, justificatif bancaire) sera beaucoup plus simple à expliquer. En cas de contrôle, la charge de la preuve de l’origine licite des fonds repose en grande partie sur le contribuable. Anticiper cette exigence documentaire vous évitera de devoir reconstituer dans l’urgence des éléments parfois anciens ou difficiles à retrouver.

Les points de vigilance pour les transferts supérieurs à 10 000 euros avec tracfin

Au-delà des obligations purement fiscales, les établissements comme Wise sont soumis aux règles de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Ils ont notamment l’obligation de signaler à Tracfin, le service de renseignement financier français, les opérations suspectes ou atypiques, y compris lorsqu’elles atteignent ou dépassent certains montants. Bien qu’il n’existe pas de seuil unique automatique pour tous les types d’opérations, les transferts répétés ou ponctuels de plus de 10 000 € peuvent faire l’objet d’une vigilance accrue, surtout s’ils ne correspondent pas au profil habituel du client ou s’ils transitent par des pays jugés à risque.

Pour un résident fiscal français utilisant Wise, cela implique d’être particulièrement vigilant sur la cohérence entre ses flux et sa situation déclarée. Par exemple, si vous déclarez un revenu modeste mais réalisez régulièrement des transferts internationaux à six chiffres via Wise, il est probable que ces opérations attirent l’attention, que ce soit de Wise lui-même ou de l’administration fiscale. Là encore, la meilleure protection consiste à documenter l’origine des fonds, à déclarer correctement les revenus associés et à respecter scrupuleusement vos obligations déclaratives (formulaire 3916, 2042, 2035, etc.). Wise, de son côté, ne peut pas s’opposer aux demandes de Tracfin ou des autorités compétentes lorsque des informations lui sont réclamées dans le cadre de la réglementation en vigueur.